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Biographie
Les débuts dans le roman et au théâtre
En 1826, Vigny publie Cinq-Mars, qui obtient un immense succès et incite à lire ses Poèmes antiques et  modernes. Cinq-Mars demeure le premier grand roman historique de la France ; le pittoresque des situations, les  scènes pathétiques ou atroces, la précision des détails ne masquent pas les questions fondamentales : en  abaissant la noblesse, Richelieu a-t-il préparé l’isolement du roi face au peuple et peut-être la Révolution ?  En 1829, Vigny réussit à faire pénétrer Shakespeare au Théâtre-Français, malgré des acteurs rétifs. Le  24 octobre, à la première du More de Venise, classiques et romantiques s’affrontent. Salle comble, public  houleux. C’est une grande bataille, c’est une réussite, ce n’est pas tout à fait un triomphe. Mais la brèche est  ouverte où s’engouffrera bientôt Hugo avec tout l’éclat d’Hernani.  1831 : La Maréchale d’Ancre. Drame sombre, historique encore, avec toujours une idée à défendre,  l’abolition de la peine de mort en matière politique : « Quel coupable politique a-t-on jamais exécuté sans l’avoir  regretté un an après ? »  Vigny a très vivement blâmé le ministère Polignac et ses sottes ordonnances ; il s’élève  maintenant contre les meneurs qui demandent la tête des anciens ministres. On retrouve là l’écho des pages  bouleversées de son Journal en 1830 :  « Depuis ce matin, on se bat. Les ouvriers sont d’une bravoure de Vendéens ; les soldats, d’un courage de garde impériale : Français partout. […] Pauvre peuple, grand peuple, tout guerrier. — J’ai préparé mon vieil  uniforme. Si le Roi appelle tous les officiers, j’irai. — Et sa cause est mauvaise, il est en enfance, ainsi que toute sa famille […]. Ce mot : le roi, qu’est-ce donc ? » Toujours cette horreur viscérale de la violence et de la cruauté que rien ne justifie ; cette horreur que  Stello proclame avec tant de force. C’est avec colère qu’il s’élève contre les théories de Joseph de Maistre :  « Venez en haillons, venez en soutane, venez en cuirasse, venez, tueurs d’un homme et tueurs de cent  mille; depuis la Saint-Barthélémy jusqu’au septembrisades, de Jacques Clément et de Ravaillac à Louvel, de des  Adrets et Montluc à Marat et Schneider, vous trouverez ici des amis, mais je n’en serai pas ! »